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Ragdoll Lane Chroniques et nouvelles

L'IRCA

... la poule aux œufs d'or a les ailes qui poussent...

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En 1971 elle pensa enfin avoir trouvé la parade en créant l'International Ragdoll Cat Association, IRCA, et en imposant un système de franchise aux chatteries. Elle espèrait ainsi pouvoir récolter les fruits de sa trouvaille sous forme sonnante et trébuchante et s'assurer de confortables vieux jours.

L'IRCA vit le jour en 1971, mais ne commença à fonctionner qu'en 1973. En effet pour créer son propre Livre des Origines, elle dût batailler et prouver que cette race était très spéciale et ne pouvait être élevée selon les schémas habituels. Elle s'appuya pour cela sur les expériences pratiquées sur les malheureux descendants de Mitts et Gueber. A cette date l'IRCA était enregistrée auprès du Ministère de l'agriculture de Washington.

Le nom de "Ragdoll" devint une marque déposée auprès du Bureau des Patentes des Etats Unis sous le n° #1,026,916 le et auprès du Bureau des Patentes de Californie sous le n° #53044 le . Elle fait mettre au point la franchise en 1970 et la modifie en 1975.

Le document régissant la franchise comporte huit pages, en voici un extrait.

1. Le nombre d'éleveurs de Ragdolls sera limité à un par état, avec une zone protégée de (environ ) indépendamment des frontières.

2. Le nombre d'éleveurs de Ragdolls sera limité à 12 dans le monde entier.

3. Le prix d'un Ragdoll sera:

  • $150.00 Marquage masqué/bicolore
  • $175.00 Marquage Himalayan/colorpoint
  • $225.00 Marquage Sacré de Birmanie/mitted
  • $275.00 Qualité exposition

4. Il ne peut être accepté de paiement inférieur à 500 $ pour un couple de reproducteurs. (ties up territory for others). Aucune livraison avant paiment intégral.

5. À la naissance de chaque ragdoll le franchisé devra dans les trois mois envoyer la description de la portée et acquitter la somme de 5$ par chaton.

6. Le franchisé aura la possibilité de rejoindre l'IRCA pour une cotisation de 10$.

7. Le prix d'un couple reproducteur est de 1000$ et le prix de la franchise de 1500$.

Ann devait rapidement apprendre à ses dépens qu'il y avait quelques inconvénients à être le franchiseur et abandonne définitivement en 1976 à cause du coût prohibitif du système.
Il faut savoir que toute intervention ne pouvait se faire que par l'intermédiaire d'un avocat, que les droits d'enregistrement ajoutaient des frais en plus à chaque modification, et aux dires de Ann elle arrêtait pour éviter d'être elle même liée par un contrat à des éleveurs félons qui auraient de leur côté rompu le leur.

Elle précise: " la franchise apporte une protection à l'acheteur à un point que vous ne pouvez imaginer, mais absolument aucune au franchiseur." Elle découvre aussi qu'il revient très cher d'établir une franchise dans chacun des Etats. Le seul Etat où elle en établira une en dehors de la Californie est l'Indiana pour Blanche Herman.

Elle édicte en termes stricts ses directives d'élevage qui, croyait-elle, allaient garder le ragdoll tel qu'elle l'avait créé. En 1978 elle publie un livret nommé "IRCA and the ragdoll documentary" qui contient les détails à priori authentiques de la fondation de la race, son histoire et le mode d'emploi pour conserver une lignée de véritables ragdolls.

Pour tout dire ses termes sont difficiles et à comprendre et à suivre, embrouillés de considérations métaphysiques, d'exemples délirants sur les théories de la femme à un bras sur l'île déserte, de redites et coups de colère contre les traitres qui se sont appropriés ses précieux.

En gros le programme est le suivant:
Chaque éleveur reçoit un couple issu de Fugianna d'un côté et de Tiki de l'autre.
Il doit alors élever "en lignée" en n'utilisant aucun mâle autre que le mâle initial accouplé successivement à ses filles et petites filles etc. pendant sept générations.
Après la septième génération les femelles devront être accouplées à un nouveau mâle directement issu de Joséphine et à ce moment là seulement ils donneront naissance à des Ragdolls authentiques.

En voiture Simone, on est partis pour sept ans!

Les éleveurs devaient se conformer à ses indications sans interprétation sinon les chatons ne pouvaient prétendre à l'appellation "Ragdoll" et ce pour deux raisons: en premier elle décida que dès qu'on déviait de son programme tout ce qui faisait le "Ragdoll" de pure souche était définitivement perdu, mais, plus persuasif, dès qu'un éleveur franchisé suivait un programme différent, l'IRCA, l'organisation de Ann, cessait de les enregistrer en tant que Ragdolls.

Comme le terme "Ragdoll" était une marque déposée elle pouvait décider d'en accorder ou retirer l'usage, ainsi les éleveurs déviationnistes (sécessionnistes) devaient nommer leurs chatons autrement que ragdolls.

C'est ici que les éleveurs qui l'avaient suivie mirent les pieds dans une galère incommensurable et se retrouvèrent dans la mouise.

En effet alors que les Dayton avaient patiemment enregistré leurs 18 ragdolls et toutes les descendances auprès des associations félines, les pauvres éleveurs embarqués dans l'aventure abracadabrantesque de Ann Baker et de son IRCA n'avaient leurs chatons enregistrés qu'auprès de l'IRCA et du NCFA, du moins le croyaient-ils, et ce pendant sept générations.
Or si Ann Baker avait rétrospectivement enregistré ses fondateurs en NCFA en tant que race expérimentale il n'y avait aucune trace au NCFA des chatons des éleveurs nés dans l'intervalle et théoriquement enregistrés auprès de l'IRCA. Ann le reconnaît en plus dans cet extrait de la gazette de l'IRCA: (écrite par Ann Baker)

"Francis Kosierowski du NCFA connaît tous les chats et comment l'élevage doit se faire, et pourquoi ce programme ne peut être changé, ni son standard de race. C'est une possession privée et chaque Ragdoll devait être enregistré auprès d'elle, de manière à avoir trace de chaque Ragdoll tous les contrats, accords entre acheteurs et vendeurs et autres stipulaient que tous les Ragdolls devaient être enregistrés au NCFA. lors si quelqu'un voulait sortir un chat en exposition ce chat pouvait être enregistré avec n'importe laquelle des autres associations."
"Quelques éleveurs se sont enregistrés avec tout sauf le NCFA, grâce au fait qu'ils avaient les registres ancestraux originaux, à la place de pas de généalogie."
"Alors après des années comme ça les autres éleveurs et ceux qui leur avaient acheté des chats on envoyé une pétition et ont harcelé le NCFA pour qu'ils enregistrent leurs Ragdolls. C'était impossible du fait que aucun enregistrement des ancêtres n'avait été fait entre temps." CQFD

Mis à part les Dayton et quelques rares éleveurs de la première heure qui s'étaient rebiffés et refusaient catégoriquement un tel arrangement, les pionniers se trouvèrent pris dans la nasse, se dégoûtèrent de l'élevage, jetèrent l'éponge et revendirent leurs ragdolls au Dayton.