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Ragdoll Lane Chroniques et nouvelles

Série allélique D : les facéties de la dilution

Bleu, crème ou lilas, un peu de douceur dans un univers de brut.

On prend les pigments, et on pastellise

Bleu, crème ou lilas, un peu de douceur dans un univers de brut.
Si le locus B agit sur l’eumélanine et fabrique du noir, du chocolat ou du cinnamon, le gène D s’amuse encore à compliquer les choses — qui n’en avaient vraiment pas besoin — et modifie radicalement ce que l’œil perçoit : j’ai nommé le gène de DILUTION.
Il y en a bien d’autres, l’Agouti, le Silver, le Colour, le White Spotting… on va bien s’amuser.
Revenons à nos moutons, la dilution : on pourrait croire qu’un chat bleu fabrique simplement une eumélanine moins noire qu’un seal. FAUX !

Comparaison des couleurs non diluées et diluées et de la répartition des granules de mélanine dans le poil
La dilution : les mêmes pigments, autrement répartis

D ou d : la version facile

Avec la version sauvage de l’allèle D — comme Dense — les granules pigmentaires sont bien répartis, tout comme il faut, sur le poil.
DD ou Dd : ●   ●   ●   ●   ●   ●   ●
Mais quand l’allèle d — comme dilution — entre dans la danse, y a plus aucune discipline : les granules pigmentaires forment des petits amas en-bordel-couvrez, avec des interstices entre eux. Les trous sont plus grands, laissent passer plus de lumière, alors le poil a l’air plus clair.
dd : ●●●     ●●     ●●●
Des granules noirs, il y en a toujours autant, ça ne rend pas pareil.
Le seal devient blue, le chocolat lilac, le fawn remplace le cinnamon et le red mute en cream.

Comparaison microscopique d’un poil seal et d’un poil blue
Seal et blue
Comparaison microscopique d’un poil chocolate et d’un poil lilac
Chocolate et lilac
Comparaison microscopique d’un poil cinnamon et d’un poil fawn
Cinnamon et fawn
Comparaison microscopique d’un poil red et d’un poil cream
Red et cream

Photos : © Heather Lorimer

Alors, que signifie vraiment « diluer » une couleur ?

Mélanophiline quand tu nous tiens… Regardons sous le capot

Derrière le locus de dilution se trouve le gène MLPH, qui code la mélanophiline. Cette protéine participe au transport des mélanosomes, ces petits organites qui contiennent la mélanine.
Lorsque le système fonctionne normalement, les mélanosomes sont correctement transportés et bien répartis. Mais quand le chat est d/d, Mélanophiline vient mettre son grain de sel : les granules pigmentaires se retrouvent davantage regroupés en paquets au lieu d’être bien rangés. Pour ceux qui n’ont pas suivi, je reprends :
Non dilué : ●   ●   ●   ●   ●   ●   ●
Dilué : ●●●     ●●     ●●●

Donc…

La dilution ne remplace pas la couleur déterminée au locus B : elle en rajoute une couche. Un Ragdoll seal qui possède au moins un D reste seal ; s’il est d/d, il devient blue. Même principe pour le chocolat : avec d/d, il devient lilac, et ainsi de suite.

Le lilac n’est pas « un gène »

Le lilac résulte de la combinaison de plusieurs informations génétiques : le chat exprime le chocolat au locus B et, en même temps, la dilution d/d. Dire qu’un chat est « porteur de lilac » est donc un raccourci d’éleveur : génétiquement, il porte le chocolat et la dilution.

Et le roux ?

Cette fois, il est concerné. Le locus B agit principalement sur l’eumélanine ; la dilution, elle, peut aussi modifier l’aspect de la pigmentation rousse : red + d/d donne cream.
Nous reviendrons sur le roux et ses variantes lorsque nous aborderons le locus O. Mais ceci est une autre histoire…